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Médicaments génériques

comment renforcer la confiance des patients ?

Dans le paysage thérapeutique actuel, le pharmacien d'officine occupe une place stratégique : il est le garant de l'acceptabilité des traitements et le dernier maillon de la chaîne de soins avant que le patient n'entame son traitement. Face à l'essor des médicaments génériques et au développement croissant des biosimilaires, votre expertise est sollicitée non seulement pour sécuriser la dispensation, mais aussi pour transformer la perception des patients.

L’enjeu est double. D’une part, il s’agit d’un enjeu de santé publique : l’utilisation de ces médicaments permet de dégager les marges financières indispensables au financement des innovations thérapeutiques, notamment les traitements anticancéreux onéreux. À titre d’exemple, les médicaments génériques ont permis d’économiser 7 milliards d’euros en 5 ans, dont 1,6 milliard pour la seule année 2014. D’autre part, il s’agit d’un enjeu clinique : assurer l’observance thérapeutique en levant les doutes sur la qualité, la sécurité et l’efficacité de ces spécialités.

Pourtant, une confusion persiste souvent dans l’esprit du public, et parfois même des professionnels, entre ces deux catégories. Si les médicaments génériques, issus de la chimie de synthèse, contiennent exactement la même molécule que leur princeps, les médicaments biosimilaires, produits à partir d’organismes vivants, sont dits « similaires ». Cette distinction de nature n’enlève rien à leur rigueur réglementaire : tous deux sont soumis à des contrôles stricts par l’ANSM et l’EMA, garantissant un niveau d’exigence identique à celui des médicaments de référence.

Alors que 93 % des personnes utilisant des génériques s’en déclarent satisfaites, le pharmacien doit continuer à user de leviers de conviction pour prévenir l’effet nocebo et accompagner les changements de présentation. Cet article a pour vocation de vous fournir les clés scientifiques, légales et relationnelles pour renforcer l’alliance thérapeutique et consolider la confiance de vos patients dans ces solutions de soins essentielles à la pérennité de notre système de santé.

Voici le développement de la première partie de notre article, axé sur les distinctions fondamentales entre les médicaments génériques et les médicaments biosimilaires.

 

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Fondements scientifiques et rigueur réglementaire : de la synthèse chimique aux biotechnologies

Pour instaurer une confiance durable, le pharmacien doit avant tout maîtriser et transmettre la distinction de nature entre ces deux types de spécialités. Bien que tous deux soient des alternatives aux médicaments de référence, leurs processus de fabrication et leurs cadres scientifiques de validation divergent.

Le médicament générique : la précision de la synthèse chimique

Le médicament générique est une spécialité issue de la chimie de synthèse. Sa définition repose sur une identité stricte : il possède la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique et une bioéquivalence démontrée avec le médicament de référence (le princeps).

D’un point de vue structurel, la molécule d’un générique est simple et de petite taille. Le processus de fabrication chimique permet de produire des copies exactes de la molécule active. C’est pourquoi le dossier d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est qualifié de « simplifié » : le laboratoire n’a pas besoin de refaire toutes les études cliniques du princeps, car la preuve de l’efficacité et de la sécurité repose sur la démonstration que le générique se comporte de la même manière dans l’organisme.

Le médicament biosimilaire : la complexité du vivant

Contrairement aux génériques, un médicament biosimilaire est un médicament biologique produit à partir d’une cellule ou d’un organisme vivant (bactéries, levures, lignées cellulaires) via des procédés biotechnologiques complexes. Les principes actifs, tels que l’insuline, les hormones de croissance ou les anticorps monoclonaux, ont une structure complexe et une taille importante.

En raison de la variabilité naturelle du vivant et de la complexité des procédés de fabrication, un biosimilaire n’est pas strictement identique à son référent, mais semblable. On utilise souvent l’analogie des feuilles d’un même arbre : elles se ressemblent et ont la même fonction, mais présentent de micro-différences si on les observe au microscope. Ces variations mineures (par exemple dans la glycosylation) sont strictement encadrées et n’ont aucun impact sur l’activité biologique, l’efficacité ou la sécurité du produit.

Une rigueur réglementaire et des contrôles sans compromis

La confiance repose sur un fait scientifique majeur : les médicaments génériques et biosimilaires répondent aux mêmes exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité que leurs médicaments de référence.

  • L’AMM : Pour les biosimilaires, le dossier est complet et plus lourd que pour les génériques. Il exige des études comparatives exhaustives de qualité, ainsi que des données précliniques et cliniques supplémentaires pour démontrer la biosimilarité et l’absence d’immunogénicité. Pour les produits biologiques, l’AMM est centralisée par l’Agence Européenne du Médicament (EMA).

  • Les contrôles de fabrication : Tous les sites de production, qu’ils soient en France ou à l’étranger, sont soumis aux Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et à des inspections régulières par l’ANSM ou l’EMA. Les contrôles sont permanents, de la matière première au produit fini.

  • La surveillance post-AMM : Une fois sur le marché, ces médicaments font l’objet d’une pharmacovigilance stricte. Pour les biosimilaires, un Plan de Gestion des Risques (PGR) est systématiquement mis en place pour surveiller le bon usage en vie réelle et détecter tout effet indésirable.

En résumé, si le générique est une « copie conforme » chimique, le biosimilaire est un « équivalent biologique » validé par des études cliniques rigoureuses. Dans les deux cas, le pharmacien peut affirmer avec certitude que le patient bénéficie d’un traitement de qualité identique au produit de référence.

Voici le développement de la deuxième partie de notre article, consacrée au cadre réglementaire et aux modalités pratiques de dispensation.

Le cadre légal de la substitution : quand et comment délivrer ?

La législation française encadre strictement la substitution pour garantir la sécurité des patients tout en favorisant l’efficience du système de soins. Bien que le pharmacien soit au cœur de ce dispositif, les règles diffèrent sensiblement selon qu’il s’agit d’un médicament générique ou d’un médicament biosimilaire.

La substitution des médicaments génériques : un droit généralisé

Depuis 1999, le pharmacien est autorisé à substituer un médicament générique à la spécialité prescrite, à condition que celle-ci appartienne au même groupe générique inscrit au répertoire de l’ANSM.

  • La prescription en DCI : Depuis le 1er janvier 2015, la prescription en Dénomination Commune Internationale (DCI) est obligatoire. Elle permet de mettre en avant la molécule et son mécanisme d’action plutôt qu’une marque commerciale, facilitant ainsi la compréhension du patient et la continuité du traitement entre les professionnels de santé.

  • La mention « Non Substituable » (NS) : Le médecin peut s’opposer à la substitution uniquement pour des motifs médicaux précis, justifiés par l’un des trois acronymes réglementaires :

    • MTE (Marge Thérapeutique Étroite) : pour stabiliser un patient déjà traité par une molécule spécifique (ex: Lévothyroxine, certains antiépileptiques).

    • EFG (Enfant de moins de 6 ans) : lorsqu’aucune forme galénique générique n’est adaptée.

    • CIF (Contre-Indication Formelle) : en cas d’allergie démontrée à un excipient présent dans tous les génériques disponibles.

  • Le rôle du pharmacien (MTE-PH) : Dans le cas des médicaments à marge thérapeutique étroite, le pharmacien peut lui-même apposer la mention « non substituable (MTE-PH) » pour assurer la stabilité du patient, même en l’absence de mention du médecin.

La substitution des médicaments biosimilaires : un cadre spécifique

Contrairement aux génériques, la substitution des biosimilaires n’est pas automatique pour tous les groupes. Elle est autorisée par la loi (Article L.5125-23-2 du CSP) mais reste limitée à une liste de molécules spécifiques définie par arrêté.

  • Molécules substituables : À ce jour, la substitution est permise pour des molécules comme l’Adalimumab, l’Énoxaparine, l’Étanercept, le Filgrastim

  • DCI et nom de marque : Contrairement aux médicaments chimiques, la prescription d’un médicament biologique doit obligatoirement comporter le nom de marque en plus de la DCI.

  • Obligations de dispensation : Lors d’une substitution, le pharmacien doit informer le médecin et le patient. Il a l’obligation d’assurer la continuité de la dispensation en délivrant la même marque lors des renouvellements suivants.

  • Traçabilité renforcée : En raison de la variabilité inhérente aux produits biologiques, le pharmacien doit impérativement enregistrer le nom du médicament et son numéro de lot à chaque dispensation.

Obligations de transparence et conséquences du refus

Dans tous les cas, pour limiter les risques de confusion, le pharmacien doit inscrire sur l’ordonnance le nom du médicament réellement délivré.

Si un patient refuse la substitution d’un générique sans justification médicale (mention NS), il perd le bénéfice du tiers payant et doit faire l’avance des frais. Son remboursement sera alors basé sur le prix du générique le plus cher du groupe, ce qui peut laisser un reste à charge si le princeps est plus onéreux.

Cette troisième partie est le socle scientifique de votre argumentation face au patient. Elle permet de démontrer que l’équivalence n’est pas une simple affirmation administrative, mais le résultat d’une rigueur clinique absolue.

Efficacité clinique et sécurité : décrypter les concepts de bioéquivalence et de biosimilarité

Pour renforcer la confiance, le pharmacien doit être capable d’expliquer les processus de validation qui garantissent une équivalence thérapeutique parfaite. Si la méthode diffère entre un médicament chimique et un médicament biologique, l’exigence de sécurité reste identique.

Le médicament générique : la preuve par la bioéquivalence

Pour les médicaments génériques, l’efficacité et la sécurité sont garanties par la démonstration de la bioéquivalence. Ce concept repose sur le fait que le générique se comporte de la même manière que le princeps dans l’organisme.

  • Paramètres pharmacocinétiques : Les autorités mesurent deux indicateurs clés : l’AUC (aire sous la courbe), qui estime l’étendue de l’absorption, et la Cmax, qui apprécie la vitesse à laquelle le principe actif rejoint la circulation sanguine.

  • Intervalle d’acceptabilité : Pour conclure à la bioéquivalence, l’intervalle de confiance du ratio générique/princeps doit être compris entre 80 % et 125 %. Cette norme internationale est définie car une variation de moins de 20 % n’a pas de conséquence clinique. En réalité, une analyse de la FDA sur plus de 2000 études a montré que la différence moyenne est inférieure à 5 %.

  • Cas des médicaments à marge thérapeutique étroite (MTE) : Pour ces molécules sensibles (antiépileptiques, lévothyroxine, etc.), où de faibles variations de dose peuvent modifier le rapport bénéfice/risque, l’intervalle d’acceptabilité est resserré entre 90 % et 111 % pour garantir une stabilité maximale.

Le médicament biosimilaire : la démonstration de biosimilarité

Contrairement au générique, la validation d’un biosimilaire ne se limite pas à la pharmacocinétique. Elle exige une démonstration de biosimilarité complète par des études comparatives exhaustives.

  • Un processus comparatif par étapes : Le laboratoire doit soumettre des données dans trois domaines : la qualité, la sécurité et l’efficacité clinique. Bien que les essais de phase II ne soient pas nécessaires grâce à l’expérience acquise avec le référent, des études de non-infériorité sont menées pour prouver une tolérance et une efficacité identiques.

  • La gestion de l’immunogénicité : Les médicaments biologiques étant des structures complexes, ils peuvent induire le développement d’anticorps. La preuve de l’absence d’immunogénicité clinique est donc une pièce indispensable du dossier d’AMM pour garantir que le biosimilaire ne provoque pas plus de réactions d’hypersensibilité que son référent.

  • L’analogie des feuilles d’un arbre : On peut expliquer au patient que le biosimilaire et son référent sont comme des feuilles d’un même arbre : elles se ressemblent et ont la même fonction, malgré de très légères différences microscopiques (ex: glycosylation) qui n’altèrent en rien l’activité biologique.

Des preuves solides en « vie réelle »

La confiance s’appuie également sur le recul clinique. Depuis 2006, aucune différence notable concernant la nature ou la gravité des effets indésirables n’a été relevée entre les biosimilaires et leurs référents.

  • L’étude NOR-SWITCH : Cette étude randomisée majeure a démontré que le remplacement de l’infliximab de référence par son biosimilaire (CT-P13) ne présentait aucune infériorité en termes d’efficacité et de tolérance pour des pathologies comme la maladie de Crohn ou la polyarthrite rhumatoïde.

  • Suivi à large échelle : Une étude observationnelle française sur plus de 86 000 patients traités par adalimumab, étanercept ou infliximab n’a montré aucune différence en termes de sécurité ou de persistance du traitement entre les biosimilaires et les princeps.

Une sécurité surveillée en continu

Une fois commercialisés, ces médicaments entrent dans le circuit de la pharmacovigilance globale. Pour les biosimilaires, un plan de gestion des risques (PGR) est systématiquement mis en place pour surveiller l’utilisation en conditions réelles et minimiser les risques potentiels. Le pharmacien joue ici un rôle crucial en signalant tout effet indésirable au centre de pharmacovigilance.

Voici la quatrième partie de notre article, axée sur les dimensions économiques et citoyennes. Cet argumentaire est essentiel pour transformer une perception de « médicament moins cher donc moins bon » en une adhésion à un modèle de santé durable.

 

biosimilaires et génériques différences
Source : Phamaprat.fr

L’enjeu économique et l’accès à l’innovation : un contrat social à expliquer

Pour le pharmacien, l’acte de substitution ne doit pas être perçu comme une simple mesure comptable, mais comme un véritable acte civil et citoyen. Expliquer l’intérêt collectif de ces médicaments permet de lever les doutes sur leur qualité : leur prix réduit n’est pas le signe d’un produit « au rabais », mais le résultat d’un modèle économique optimisé.

Une efficience majeure pour l’Assurance Maladie

Le premier levier de conviction réside dans l’ampleur des économies générées, indispensables à l’équilibre de notre système de soins.

  • Pour les médicaments génériques : Ils sont, en moyenne, 30 % moins chers que les médicaments princeps. Ce différentiel permet d’économiser environ 1,6 milliard d’euros par an. Sur une période de 5 ans, l’utilisation des génériques a représenté une économie totale de 7 milliards d’euros.

  • Pour les médicaments biosimilaires : Ils affichent également un prix inférieur d’environ 30 % par rapport aux médicaments biologiques de référence. Cette économie s’explique par des frais de recherche et développement plus réduits, notamment parce que le laboratoire bénéficie de l’expérience acquise par le médicament de référence, dispensant ainsi de réaliser des essais cliniques de phase II.

De plus, l’arrivée de la concurrence stimule le marché : la commercialisation d’un générique ou d’un biosimilaire entraîne mécaniquement une baisse de prix du médicament de référence.

Financer le progrès et les traitements de demain

L’argument le plus puissant pour le patient est le lien direct entre ces économies et l’accès aux innovations thérapeutiques. Les sommes économisées ne sont pas simplement soustraites du budget de la santé, elles sont réinjectées pour financer des traitements onéreux contre des pathologies graves comme les cancers.

Par exemple, le financement des produits innovants dits en « liste en sus » à l’hôpital, particulièrement coûteux, a représenté 3 milliards d’euros pour la seule année 2014. En acceptant un générique ou un biosimilaire, le patient participe donc activement à un contrat social qui garantit que chaque euro de la collectivité est utilisé pour offrir le meilleur progrès technique au plus grand nombre.

Sécuriser l’accès aux soins et limiter les ruptures

Au-delà du coût, le développement de ces alternatives sécurise la prise en charge. En augmentant le nombre de laboratoires producteurs pour une même molécule, on diversifie l’offre et on limite les risques de ruptures de stock. C’est un argument de poids pour rassurer les patients souffrant de pathologies chroniques sur la continuité de leur traitement.

Les conséquences pratiques du refus pour le patient

Il est du devoir du pharmacien d’informer en toute transparence sur les règles de remboursement liées au choix du patient.

  • Perte du tiers payant : En cas de refus d’un générique sans motif médical (mention NS), le patient ne peut pas bénéficier du tiers payant. Il doit régler immédiatement ses médicaments à l’officine et envoyer son décompte pour un remboursement ultérieur.

  • Base de remboursement minorée : Le remboursement sera limité au prix du générique le plus cher du groupe. Si le médicament de référence est plus onéreux, le patient supportera un reste à charge financier.

En conclusion, l’utilisation de ces médicaments est un levier d’efficience qui permet d’allier qualité des soins et pérennité du système de santé.

Voici la cinquième et dernière partie de notre article, axée sur les compétences relationnelles et la psychologie de la dispensation pour transformer les réticences en adhésion thérapeutique.

Stratégies de communication à l’officine : lever les freins et prévenir l’effet nocebo

La réussite du recours aux médicaments génériques et biosimilaires repose sur la qualité du dialogue entre le pharmacien et son patient. Pour favoriser l’acceptabilité et l’observance, il est essentiel d’utiliser des leviers de conviction accessibles et de répondre avec transparence aux inquiétudes légitimes.

Déconstruire l’idée du médicament « au rabais »

Une réticence fréquente concerne la qualité perçue en raison du prix inférieur.

  • L’argument de la recherche : Expliquez que le coût réduit ne se fait pas au détriment de la qualité, mais s’explique par le fait que ces médicaments sont conçus à partir de molécules déjà existantes. Cela permet d’économiser sur les frais de recherche et développement.

  • L’exigence réglementaire : Rappelez que les génériques et biosimilaires sont fabriqués selon les mêmes Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et soumis aux mêmes contrôles rigoureux que les médicaments de référence.

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Gérer les changements de présentation et les dispositifs

Le changement de forme, de couleur ou de conditionnement peut être source de confusion, particulièrement chez les patients chroniques.

  • Pour les génériques : Si le goût ou la taille d’un comprimé ne convient pas, le pharmacien peut proposer un autre générique du même groupe mieux adapté (ex: éviter un goût spécifique, choisir un comprimé plus facile à avaler).

  • Pour les biosimilaires : Le pharmacien doit accompagner le patient dans l’apprentissage du nouveau dispositif d’administration (comme un stylo injecteur) et lui rappeler les règles de conservation, qui peuvent varier par rapport au référent.

Rassurer sur les effets indésirables et les excipients

L’effet nocebo (ressentir des effets indésirables par simple crainte du changement) est un risque réel.

  • Équivalence des risques : Tout médicament peut présenter des effets indésirables. Il faut expliquer que les risques liés aux génériques sont identiques à ceux du médicament d’origine et qu’un effet indésirable peut apparaître à tout moment, indépendamment de la marque.

  • Excipients à effet notoire : Si un patient craint une allergie, soulignez que la diversité des génériques augmente les chances de trouver une spécialité dépourvue de l’excipient problématique. Le pharmacien peut consulter la base de données publique des médicaments pour choisir le produit le plus sûr pour le patient intolérant.

Accompagner les populations fragiles

La stabilité est la clé de la confiance pour certains profils de patients.

  • Séniors (plus de 75 ans) : Pour éviter les erreurs de prise liées à un changement de présentation, les pharmaciens s’engagent à assurer une stabilité de marque pour les traitements chroniques (diabète, hypertension, etc.). En 2018, 96 % de ces patients ont reçu la même marque de générique pour leurs traitements habituels.

  • Marge Thérapeutique Étroite (MTE) : Pour ces molécules sensibles, tout changement doit être fait avec précaution pour assurer la stabilité clinique, que ce soit vers un générique ou entre deux génériques.

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Utiliser le levier financier avec pédagogie

Sans en faire l’unique argument, la transparence sur le remboursement est nécessaire.

  • Tiers payant : Rappelez qu’en acceptant la substitution, le patient bénéficie de la dispense d’avance de frais.

  • Conséquences du refus : En cas de refus sans mention « non substituable », le patient est remboursé sur une base minorée et peut supporter un reste à charge financier.

En adoptant une posture d’expert empathique, le pharmacien transforme la délivrance d’un générique ou d’un biosimilaire en un acte de soin valorisé, où le patient se sent à la fois protégé et acteur de la pérennité de son système de santé.

Voici la conclusion de votre article de formation, qui synthétise les enjeux abordés et réaffirme le rôle central du pharmacien dans ce dispositif de santé publique.

Conclusion : Consolider l’alliance thérapeutique par l’expertise pharmaceutique

Le déploiement des médicaments génériques et biosimilaires constitue bien plus qu’une simple mesure d’économie budgétaire ; il s’agit d’un véritable levier d’efficience indispensable à la pérennité de notre système de soins. En permettant d’économiser environ 7 milliards d’euros en cinq ans, ces alternatives thérapeutiques offrent à l’Assurance Maladie les marges financières nécessaires pour prendre en charge les innovations médicales les plus onéreuses, notamment en cancérologie.

Pour le pharmacien, renforcer la confiance des patients repose sur un triptyque essentiel : rigueur scientifique, transparence légale et pédagogie relationnelle.

  • Sur le plan scientifique, votre expertise permet de rassurer sur le fait que l’efficacité et la sécurité de ces spécialités sont garanties par des contrôles stricts de l’ANSM et de l’EMA, avec un niveau d’exigence identique aux produits de référence.

  • Sur le plan légal, la maîtrise des règles de substitution (DCI, mentions « non substituable », traçabilité des biosimilaires) sécurise l’acte de dispensation et garantit la continuité des soins.

  • Sur le plan relationnel, votre capacité à désamorcer les craintes liées aux excipients ou aux changements de présentation prévient l’effet nocebo et favorise l’observance.

La satisfaction de 93 % des usagers de médicaments génériques montre que le terrain de la confiance est déjà largement conquis. Cependant, pour les médicaments biosimilaires, dont l’essor est plus récent, l’accompagnement officinal reste crucial, notamment pour l’apprentissage des dispositifs d’administration et le suivi de la pharmacovigilance.

En conclusion, le pharmacien ne se contente pas de délivrer une boîte ; il valide un contrat social et civique. En expliquant que chaque substitution réussie contribue à financer le progrès thérapeutique de demain, vous transformez une réticence potentielle en une adhésion citoyenne, consolidant ainsi la place de l’officine comme pivot de la confiance dans le système de santé français.
Adaptez votre exercice en suivant notre formation sur le sujet.

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